Comment contrôler l’exposition en photographie

L’exposition en photographie est un élément fondamental lors de la prise de vue puisqu’elle détermine la quantité d’informations présentes dans l’image. Elle assure la présence d’un maximum de détails, ou au contraire de jouer sur les espaces négatifs avec la surexposition ou la sous-exposition. Débutant ou de niveau intermédiaire, maîtriser l’exposition est donc l’un élément indispensable à acquérir si vous souhaitez bien apprendre la photographie.

Table des matières

  1. Qu’est-ce que l’exposition en photographie ?
  2. Comment visualiser l’exposition pendant la prise de vue
  3. Son rôle dans le processus photographique
  4. Les effets d’une exposition incorrecte
  5. Le Triangle d’exposition : maîtriser les trois piliers (vitesse, obturation, ISO)
  6. Choisir votre appareil photo en fonction de vos besoins
  7. Foire aux Questions

Qu’est-ce que l’exposition en photographie ?

L’exposition correspond à la quantité de lumière qui atteint le capteur de votre appareil photo numérique. La technologie est identique pour un appareil compact, bridge, reflex ou hybride. Le capteur reçoit les signaux lumineux circulant à travers l’objectif, et les retranscrit en courant électrique afin de pouvoir enregistrer l’information sur votre carte mémoire. la différence d’intensité entre les signaux lumineux créera les détails de l’image. 

Comme souvent en photographique numérique, cette technologie est en fait une reproduction du processus de la photographie argentique, dans laquelle la lumière ricoche sur les objets de la scène photographiée avant de venir frapper la pellicule exposée et oxyder la couche de sels d’argent qui la recouvre. Intéressant donc de voir qu’à l’ère du numérique nos appareils photo imitent encore la pellicule d’antan !

Le processus est donc en soi assez simple à comprendre : si trop peu de lumière touche le capteur dans ce cas votre photo sera trop sombre. Si à l’inverse trop de lumière est enregistrée l’image sera “brûlée” c’est à dire que certaines zones seront tout simplement dénuées d’information. En pratique la réalité est un peu plus compliquée que cela puisqu’une photo parfaitement exposée ne sera pas forcément une bonne photo. En fait ceci est même souvent synonyme d’une photo fade, sans relief et sans contraste. Il faut donc creuser davantage afin de chercher une « bonne » exposition créant l’atmosphère que vous recherchez.

Qu’est-ce que la Valeur d’Exposition (EV), Indice de luminance (IL), le Stop ?

Un peu de théorie pour commencer avec la notion de Valeur d’Exposition (EV, pour Exposure Value). Très simplement il s’agit juste d’une base commune pour mesurer les variations de lumière liées aux réglages de votre appareil en termes de vitesse d’obturation, ouverture de diaphragme et sensibilité ISO.

Petite note concernant le jargon photographique : si vous parlez avec un photographe professionnel, il utilisera indifféremment les termes “EV” et “IL” (indice de luminance), voire les termes “diaphragme” et “stop” pour signifier la même chose. il existe une légère nuance entre ces termes, mais dans un contexte similaire ils veulent sensiblement dire la même chose.
 

A quoi servent-ils ?

Savoir calculer le nombre d’EV dont vous avez besoin pour obtenir le résultat voulu vous permettra de “jongler” efficacement entre ouverture, vitesse et sensibilité et cela en temps réel durant la prise de vue.
 
Par exemple si vous êtes à une vitesse de 1/250e avec une ouverture de F2.8 et une sensibilité de 200 ISO. Si vous décidez de passer à 1/500e vous perdez alors un EV/ Stop avec votre vitesse d’obturation, et devrez donc soit rajouter un EV d’ouverture (donc passer à F1.4) ou un EV de sensibilité (400 ISO).

Unités de mesure de l’exposition

Trois réglages principaux contrôlent la quantité de lumière entrant dans l’appareil. Ils sont souvent appelés le « triangle de l’exposition » de part l’interconnexion qui existe entre eux :
  • Vitesse d’obturation (en secondes)
  • Ouverture du diaphragme (valeurs “f” comme “focale”)
  • Sensibilité ISO (valeurs ISO)

Chaque réglage affecte non seulement la luminosité de votre image, mais aussi son rendu visuel (flou, profondeur de champ, bruit).

Si la photographie est en grande partie une discipline didactique, il y a quand même certains principes théoriques à connaitre et quelques règles à apprendre par cœur. Les EV/ Stop pour chaque réglage en font partie. Je les ai pour ma part mémorisés durant ma formation en photo comme des tables de multiplication et dix ans plus tard je les connais encore par cœur, autant vous dire que l’effort en vaut la chandelle !
 
Voici donc les paliers théoriques pour l’ouverture, la vitesse et la sensibilité ISO. En fonction de votre appareil vous aurez des subdivisions un demi-stop (par exemple ouverture de 1/125e puis 1/200e et enfin 1/250e) ou un tiers de stop (1/125e puis 1/160e puis 1/200e et enfin 1/250e) mais ce ne sont pas les « vrais » paliers.
  • Ouverture de diaphragme : F1.4, F2, F2.8, F4, F5.6, F8, F11, F16, F22, F32
  • Vitesse d’obturation : 1/60e, 1/125e, 1/250e, 1/500e, 1/1000e
  • Sensibilité : 100 ISO, 200 ISO, 400 ISO, 800 ISO, 1600 ISO, 3200 ISO
Les tables pour la vitesse et la sensibilité sont logiques, c’est vraiment juste l’ouverture de diaphragme qui est un peu “biscornue”.
 

Comment visualiser l’exposition pendant la prise de vue

La beauté des appareils photos numériques modernes est de permettre une visualisation en temps réel de l’exposition et ce avec des indicateurs clairs. Autrement dit plus d’excuse, si vous « brûlez » (surexposez) ou bouchez (sous-exposez) vos images !
Deux outils disponibles via l’écran LCD ou dans le viseur vont permettre cela : l’histogramme et les signaux clignotants (ou zébrures/ zébras)

Comprendre les courbes d’un histogramme

Un histogramme est un graphique montrant la répartition des tons dans votre photo, du noir (à gauche) au blanc (à droite). Il est disponible pour chaque photo et doit simplement être activé dans le menu de configuration de votre appareil.

Cela peut paraître complexe au début, mais c’est votre meilleur allié pour vérifier l’exposition.
Quand je commence une séance photo, je consulte constamment l’histogramme. Par exemple, en plein jour, il est facile de cramer les hautes lumières (zones blanches sans détail). Je regarde l’histogramme pour m’assurer que les hautes lumières restent maîtrisées.

Conseil de pro : si vous disposez d’un reflex numérique ou d’un appareil hybride configurez l’histogramme afin de pouvoir l’afficher en utilisant les flèches haut/bas. Vérifiez toujours une première fois en début de prise de vue si les conditions d’éclairage sont extrêmes (soit des zones très éclairées comme le ciel ou des zones très sombres comme des parties ombragées). Si l’histogramme est tronqué à droite ou à gauche alors adaptez vos réglages en conséquence.

Composition d’un histogramme : hautes lumières, tons moyens et ombres

Un histogramme est un graphique assez simple en soi qui se décompose en trois sections :

  • Le côté gauche correspond aux ombres
  • Le milieu/ centre du graphique correspond aux tons moyens
  • Le côté droit correspond aux hautes lumières

De cette organisation du graphique viennent les expressions « exposer à gauche » c’est-à-dire assombrir la photo ou exposer à droite c’est-à-dire laisser entrer davantage de lumière.
L’histogramme idéal tel qu’enseigné à l’université est une courbe en forme de colline, sans pics et qui occupe toute la largeur du graphique.
Un histogramme en forme de colline signifie simplement une photo techniquement équilibrée, mais n’assure en rien que la photo est lisible ou créativement intéressante.

Zébras et zones clignotantes

Les appareils photo modernes disposent de motifs en zébrures ou de zones clignotantes signalant les parties surexposées d’une image. Ces zones s’afficheront directement sur l’image lorsque vous la visualiserez dans votre appareil.
Conseils de pro : j’active pour ma part toujours ces avertissements dans les situations de lumière délicates, comme les portraits à contre-jour. Si quelques zones vides de sens sont légèrement surexposées/ sous-exposées ce n’est pas très grave ; assurez-vous par contre qu’il n’y a pas de zébrures autour de vos sujets et des éléments principaux.

Le rôle de l’exposition dans le processus photographique

D’un point de vue technique, une bonne exposition garantit que votre image conserve un maximum de détails dans les zones claires et sombres. Cela vous offre davantage de flexibilité lors de la phase de retouche (autrement appelée la postproduction), notamment lorsque vous photographiez en RAW.

Conseil de pro : sauvegardez vos images au format RAW plutôt qu’en JPEG. L’inconvénient principal ici est le poids beaucoup plus lourd des fichiers et la nécessité de disposer d’un logiciel de post production pour pouvoir transformer ces fichiers RAW en images comprises universellement (JPEG, PNG par exemple). Par contre l’énorme avantage est de disposer de toutes les données disponibles dans les zones, tant dans les ombres que dans les hautes lumières. Le format RAW permet de conserver l’intégralité des données récoltées par le capteur, alors que le JPEG les réduit considérablement (il va notamment compresser l’image, choisir la balance des blancs pour vous, réduire la plage dynamique et retirer d’autres informations jugées non essentielles). Le format RAW est non destructif contrairement au JPEG.

Aspect artistique : Ambiance et narration via la lumière

L’exposition constitue l’une des techniques narratives les plus efficaces en photographie puisqu’elle communique une information universellement comprise :

  • Les images lumineuses transmettent souvent une impression de joie, de légèreté, d’innocence et de douceur
  • Les images sombres évoquent une ambiance dramatique ou mystérieuse
  • Dans ce cadre une légère surexposition ou sous-exposition lors de la prise de vue permet de renforcer l’atmosphère de la scène

Conseil de pro : en postproduction l’utilisation de la fonction « clarté » permet d’accentuer l’atmosphère créée. Présente dans Camera Raw et LightRoom, la clarté augmente ou réduit le contraste des détails sur les bords de l’image. Augmentée elle donnera des contours durs et « rugueux » ; baissée la clarté donnera un aspect doux et effacé. Par exemple baisser la clarté est une technique classique en photographie de mariage pour accentuer l’ambiance onirique de la journée. En photographie de sport ou de fitness, on aura plutôt tendance à accentuer la clarté pour valoriser la définition musculaire.

Les effets d’une exposition incorrecte

Nous parlons ici d’une exposition incorrectement réalisée lors de la prise de vue, pas d’éventuelles corrections en post production.

Sous-exposition lors de la prise de vue

  • Perte de détails dans les ombres
  • Bruit accru si vous éclaircissez l’image en post-traitement
  • Réduction de la plage dynamique

Surexposition lors de la prise de vue

  • Hautes lumières brûlées, sans détail récupérable
  • Images plates, sans relief
  • Perte de réalisme et de profondeur

Conseil de pro : si vous n’êtes pas sûr de l’exposition à appliquer durant la prise de vue il vaut mieux sous-exposer que surexposer. Une image « brûlée » est un cas de figure assez courant si vous shootez durant une journée ensoleillée, et créera beaucoup de zones blanches ne contenant tout simplement pas d’information. A l’inverse même si vous sous-exposez très lourdement (deux ou trois stops en dessous de l’exposition neutre) il sera très difficile d’obtenir un noir absolu. Vous pourrez ensuite obtenir le résultat voulu en post-production comme vous le souhaitez. Cela rajoute une étape supplémentaire mais cela est beaucoup plus sûr.

Le Triangle d’Exposition : Maîtriser les Trois Piliers

Comme le contrôle de la lumière enregistrée par votre appareil s’effectue à l’aide de trois paramètres interdépendants, on parle souvent alors du triangle de l’exposition. La relation entre ces trois variables est décrite ci-dessous (ne vous inquiétez pas, c’est beaucoup plus simple qu’il n’y paraît) :

L’ouverture de diaphragme

L’ouverture de diaphragme est un process mécanique ayant lieu dans l’objectif de votre appareil. Lorsque vous tournez la molette de votre boîtier, ce dernier commande à l’objectif de fermer son diaphragme. Le diaphragme est un ensemble de lamelles métalliques qui se rejoignent pour former un cercle qui laisse passer la lumière. Quand vous ouvrez le diaphragme ce cercle s’agrandit, quand vous le fermez il devient plus petit. C’est aussi simple que cela !

Indice de mesure de l’ouverture (f-stop)

L’ouverture du diaphragme se mesure en F-stop c’est-à-dire en indice d’ouverture de la focal (F comme Focale dans F-stop). Comme vu plus haut les palliers d’ouverture sont les suivants : F1.4, F2, F2.8, F4, F5.6, F8, F11, F16, F22, F32
Quelques points à retenir ici :

  • L’échelle est inversée, c’est-à-dire qu’un petit chiffre indique une grande ouverture
  • F1.4 est l’ouverture maximale pour la plupart des objectifs à focale fixe ; certains montent à F1.2 mais cela est rare. Pour les collectionneurs fortunés il existe même des objectifs en dessous de F1 comme le Zeiss Planar 50mm f/0.7… à 180 000 euros tout de même
  • Si vous souhaitez descendre en dessous de F1.2 certaines techniques vous permettent d’obtenir une profondeur de champ extrêmement réduite comme le méga panorama/ la méthode Brenizer dont nous parlons dans un autre article

Effets de l’ouverture de diaphragme sur vos images

L’ouverture a principalement trois effets lors de la prise de vue :

  • Elle influence grandement la quantité de lumière entrant dans l’objectif, et donc vous donne plus de flexibilité pour vos réglages Vitesse d’obturation et sensibilité ISO si votre objectif dispose d’une grande ouverture
  • Elle impacte directement la profondeur de champ, c’est-à-dire la netteté des éléments présents sur différents plans (avant-plan, arrière-plan) ; Une grande ouverture (f/1.4 par exemple) crée une faible profondeur de champ et donc floute l’arrière-plan, alors qu’une petite ouverture (f/16 par exemple) assurera une bonne netteté sur tous les plans
  • Elle impacte également le bokeh, c’est-à-dire la qualité du flou de l’arrière-plan

Conseil de pro : si vous souhaitez réaliser des portraits privilégiez un objectif à focale fixe. Ce dernier dispose plus facilement d’une grande ouverture (les zooms descendent rarement en dessous de F2.8) et est beaucoup plus abordable qu’un zoom de qualité équivalente.

Par exemple un objectif Nikon (donc série Nikkor) en 50mm avec ouverture 1.8 pour capteur APS-C se trouve à moins de deux cents euros et est idéal pour commencer la photo. Si vous souhaitez réaliser de beaux portraits avec un joli bokeh, privilégiez une focale F2.8 et ne descendez pas en dessous. Une focale très courte (F1.4 ou F1.2) peut occasionner un flou sur des éléments importants de votre sujet même avec une bonne mise au point – cela ne vaut tout simplement pas le coup de prendre le risque.

La vitesse d’obturation

Lorsque l’on parle de la vitesse d’obturation en photographie nous faisons référence à la durée pendant laquelle l’obturateur de l’appareil photo reste ouvert et laisse donc passer la lumière pour qu’elle puisse toucher le capteur ou la pellicule, ce qui va alors permettre à l’appareil d’enregistrer l’image.

Pour être plus spécifique l’obturateur dans un reflex constitué de deux « rideaux » fait de lames métalliques ; un rideau se retire pour l’ouverture alors que le second rideau vient prendre sa place pour fermer et interrompre l’exposition. Dans un hybride il n’y a plus de rideaux et l’obturateur est virtuel, c’est-à-dire que le capteur s’active et se désactive à la vitesse souhaitée.

La vitesse d’obturation va avoir trois effets sur l’image produite :

  • Contrôle de la quantité de lumière, au même titre que l’ouverture de diaphragme ou la sensibilité ISO
  • Netteté des sujets en mouvement : une vitesse rapide (1/1000s) fige l’action alors qu’une vitesse (1/30s) crée un flou de mouvement
  • Effet sur le flou de bougé de l’appareil en cas de prise de vue à main levée (règle de la réciprocité)

Conseil de pro : une règle simple en cas de prise de vue à main levée est la règle de la réciproque focale-vitesse. Elle est très souvent enseignée dans les écoles de photographie car elle a le mérite d’être facilement compréhensible et applicable.

Très simplement elle indique que dans le cas d’une prise de vue à main levée la vitesse d’obturation devrait toujours être au moins égale à la longueur de focale. Donc si vous shootez avec un objectif fixe de 50mm monté sur un appareil plein format (donc une « vraie » focale 50mm sans coefficient multiplicateur) dans ce cas votre vitesse d’obturation devrait être d’au moins 1/50e.

D’expérience cette règle est souvent un peu optimiste et il vaut mieux choisir une vitesse un peu plus rapide (un demi-stop ou un stop donc ici plutôt 1/125e) mais elle donne un bon point de départ. Si vous utilisez une focale de 200mm vous devrez alors utiliser une vitesse d’obturation d’au moins 1/200e, et ainsi de suite.

La sensibilité ISO

La sensibilité ISO d’un appareil photo contrôle la sensibilité à la lumière du capteur. C’est un système d’amplification : plus les ISO sont élevés, plus la sensibilité du capteur est électroniquement augmentée.

L’augmentation de la sensibilité amplifie la captation de la lumière mais va aussi occasionner l’apparition de ‘”bruit numérique” sur l’image, c’est à dire des petits points colorés (rouge, bleu vert) ou un effet de grain sur la photo. Avec un appareil photo argentique la sensibilité ISO est gérée différemment c’est à dire par le biais des sensibilité ISO des grains d’argent appliqués sur la pellicule photo; plus les grains étaient gros plus ils captaient de lumières mais se voyaient également lors du développement.

Conseil de pro : essayez toujours de rester au plus proche de ISO 100 pour vous assurer une netteté optimale et le minimum de bruit. Si vous devez monter les ISO sachez cependant que la plupart des reflex numériques et des appareils hybrides gèrent très bien le bruit jusqu’à 1600 ISO. Sur un appareil professionnel (Nikon Z7, Canon Mark IV…) vous pourrez même monter jusqu’à 3200 ISO sans problème. J’ai par exemple fait des tirages grand format en 60×90 cm avec des photos à 3200ISO, et il n’y avait quasiment pas de bruit sur l’image tirée.

Choisir votre appareil photo en fonction de vos besoins

Si la plupart des reflex numériques et des appareils photo hybrides donnent de bons résultats dans des conditions d’éclairage normales (= en plaine journée), choisir le bon appareil photo deviendra crucial si vous souhaitez vous souhaitez travailler dans des situations plus difficiles, comme par exemple une prise de vue de nuit ou la couverture d’événements sportifs.

Le capteur : taille et plage dynamique

Plusieurs éléments sont importants concernant votre capteur, mais les deux principaux concernant l’exposition sont sans doute la taille du capteur et sa plage dynamique. Très simplement plus la taille du capteur est grande, plus la quantité de lumière globale (= le nombre de photons) reçu par ce dernier est importante.

Cette réalité physique de votre capteur va se matérialiser par une meilleure qualité d’image surtout en basse lumière, c’est-à-dire moins de bruit numérique et une meilleure plage dynamique :

  • Le bruit est lié à la capacité du capteur à capter la lumière sans créer d’anomalie visuel : il est donc particulièrement notable en basse lumière (photo de nuit, scène en intérieur ou en lumière artificielle) et quand vous devez utiliser une sensibilité ISO elevée. Un capteur plein format va dans ce cas vous offrir un avantage non négligeable par rapport à un capteur APS-C. C’est une des raisons pour lesquels les photographes de mariage « doivent » travailler avec des boîtier s plein format – ces boîtier s permettent de travailler dans des situations de luminosité difficile comme par exemple dans l’église ou le soir sur le lieu de réception. Par exemple vous aurez beaucoup moins de bruit à 3200 ISO avec un capteur plein format qu’avec un APS-C par exemple.
  • La plage dynamique est la capacité du capteur à enregistrer les détails dans les zones sombres et les zones très lumineuses d’une scène. Plus la plage dynamique est grande, plus vous serez capable sur une même photo d’avoir des nuances (de l’information donc) dans les noirs profonds et les zones de hautes lumières. La plage dynamique est l’un des aspects les plus importants du capteur puisqu’elle va vous permettre de « récupérer » des détails dans vos images durant la phase de post-production, par exemple dans le ciel qui est souvent surexposé par rapport au reste de la scène ou dans les zones ombragées. Là encore un grand capteur va vous donner un très gros avantage. Pour référence les photographes professionnels parlent souvent en diaphragmes ou en “IL” ou « EV » lorsqu’ils font référence à la plage dynamique.

Conseil de pro : pour moi la plage dynamique est l’un des aspects les plus importants lorsque j’achète un nouveau boîtier . L’idéal est au moins 14 IL, ce qui signifie que l’appareil peut enregistrer des détails sur 14 niveaux d’exposition différents, de la zone la plus claire (juste avant la saturation) à la zone la plus sombre (juste avant que ça devienne noir pur).la zone la plus sombre peut être jusqu’à 16 384 fois moins lumineuse que la plus claire (2 puissance 14 = 16,384).
Si vous commencez la photo, je vous recommanderai un minimum de douze EV, ce que la majorité des reflex et hybrides sur le marché propose. L’appareil est certes un peu moins sensible qu’un appareil photo pro, mais vous aurez quand même la possibilité d’avoir de la données pour des zones sombres 4096 fois plus sombres que les zones les plus lumineuses de l’image. Oui entre douze et quatorze EV la différence est assez énorme, coefficient multiplicateur oblige. En dessous de douze EV, le bruit commence à être vraiment très présent.

Obturateur mécanique vs électronique

Le type d’obturateur n’est vraiment important que si vous souhaitez shooter avec une vitesse d’obturation lente (1/50e ou en dessous).

Un obturateur mécanique comme cela est le cas sur un reflex numérique crée des vibrations au déclenchement ce qui peut occasionner un flou de bougé. Au déclenchement les rideaux de l’obturateur vont rapidement descendre et remonter, ce qui associé au mouvement du miroir fera trembler votre appareil. Par exemple si vous photographiez une cascade avec une ouverture de plusieurs secondes, le déclenchement de l’obturateur risque de créer des micro vibrations qui prendront quelques dizièmes de seconde (jusqu’à une seconde) à se dissiper et donc risquent d’impacter la netteté de votre photo.

Les obturateurs électroniques évitent ces vibrations et sont donc en générale supérieurs aux obturateurs mécaniques. Ils peuvent dans certains cas créer des anomalies de type rolling shutter.

Foire aux Questions

Puis-je corriger les problèmes d’exposition en post-traitement ?

Oui il est tout à fait possible de corriger l’exposition d’une photo en post-production mais uniquement dans une certaine mesure. Pour pouvoir effectuer ce type de correction il faut que l’image contienne suffisamment d’informations dans les hautes et basses lumières de l’image. Vérifiez donc bien durant la prise de vue que vous n’avez pas « brulé » ou « bouchés » certaines zones de la photo. Photographiez toujours en RAW, ce qui vous donnera beaucoup plus de flexibilité lors de la retouche.

Comment bien exposer en plein soleil ?

Si vous devez shooter en plein soleil lorsque celui est au zénith, utilisez dans ce cas une faible sensibilité ISO, une vitesse d’obturation rapide et une petite ouverture. Un filtre ND pourra vous aider à préserver davantage les détails. S’il s’agit d’un portrait, placez votre sujet en contrejour avec idéalement un arrière plan en contre-jour également et faite la prise de lumière sur son visage. Ceci vous assurera une lumière douce et homogène. Si vous disposez d’un diffuseur placez le au-dessus de votre sujet pour adoucir la lumière.

Comment exposer un sujet à contre-jour ?

Utilisez la mesure spot sur votre sujet. Si vous disposez d’un flash (cobra ou déporté) ou d’un réflecteur, vous pouvez l’utilisez pour réduire le décalage d’exposition entre votre sujet et le reste de la scène.

Comment exposer correctement le ciel sans assombrir le premier plan ?

Durant une journée ensoleillée il est quasiment impossible d’avoir naturellement le ciel et votre sujet simultanément bien exposés. La seule solution dans ce cas serait d’utiliser la fonction bracketing de votre appareil (= prendre plusieurs fois la même photo avec une exposition différente) et ensuite de les assembler pour créer une image HDR (High Dynamic Range, autrement dit à haute plage dynamique).

Comment bien exposer en basse lumière sans flash ?

Avant toute chose utilisez la grande ouverture d’obturation disponible sur votre objectif. Ensuite baissez la vitesse au maximum sans que cela crée de flou de bougé. Réduisez le flou de bougé en formant un « trépied humain » avec vos coudes (contre le corps) et votre front (contre l’appareil), ou appuyez vous contre une surface (un mur, un dossier de chaise, etc.). Si tout ceci ne suffit pas, augmentez prudemment la sensibilité ISO en essayant de ne pas dépasser 3200 ISO.

Comment savoir si ma photo est surexposée ou sous-exposée ?

La majorité des appareils reflex et hybrides disposent de deux fonctionnalités vous permettant de vérifier l’exposition durant la prise de vue à savoir l’histogramme (ne doit pas avoir de pics à gauche et à droite) et les signaux clignotants. Vérifiez les durant la prise de vue et adaptez en conséquence.

Comment utiliser la fonction bracketing ?

Le mode bracketing se configure directement dans votre appareil. Il permet de prendre plusieurs photos de la même scène avec différentes expositions (ex : -1, 0, +1 EV), afin de les fusionner ensuite pour agrandir artificiellement la plage dynamique de l’image.

Comment faire une longue exposition pour capturer des traînées de lumière ou des cascades ?

Avant toute chose une photo avec exposition longue suppose l’utilisation d’un trépied. Egalement utilisez idéalement une télécommande (ou votre téléphone) pour le déclenchement pour éviter tout tremblement. Si vous utilisez un reflex vous pouvez relever le miroir avant la prise de vue pour réduire encore davantage les tremblements. Côté réglages, optez pour une faible sensibilité ISO et une petite ouverture (f/8 ou plus) pour avoir un maximum de netteté. La vitesse d’obturation dépendra du rendu souhaité mais peut aller jusqu’à plusieurs secondes.

Comment l’ouverture influence-t-elle l’exposition ?

L’ouverture de diaphragme influence directement la quantité de lumière touchant le capteur. Elle permet d’agrandir ou de réduire l’orifice par lequel la lumière entre dans l’objectif. Une grande ouverture laisse entrer plus de lumière, et une petite ouverture moins de lumière.

Quel est l’impact de la plage dynamique sur l’exposition ?

La plage dynamique du capteur de votre appareil photo a un effet indirect sur l’exposition. Plus la plage dynamique est étendue/ grande plus votre appareil sera capable de capter de détails dans les ombres et les hautes lumières. Visez au minimum un capteur disposant de douze EV, voire quatorze EV si votre budget vous le permet.

Comment la vitesse d’obturation influence-t-elle l’exposition ?

La vitesse d’obturation à un impact énorme sur une photo puisqu’elle va influencer la quantité de lumière venant frapper le capteur. Plus le temps d’exposition du capteur est court, moins ce dernier recevra de lumière. Vous devrez dans ce cas compensez avec les deux autres piliers du triangle de l’exposition à savoir l’ouverture de diaphragme et la sensibilité ISO.

Dois-je utiliser le mode Manuel ou Priorité Ouverture/Vitesse ?

Il est fortement recommandé d’apprendre dès le début à utiliser le mode manuel de votre appareil. Vous serez alors capable de contrôler totalement chaque aspect de l’exposition. A l’inverse les modes automatiques et semi-automatiques (priorité ouverture, priorité vitesse, priorité ISO) adaptent ces réglages pour vous, ce qui ralentira votre apprentissage de la photo et peut également occasionner des frustrations. Par exemple le mode priorité ouverture peut entrainer une vitesse d’obturation trop basse et donc rende vos photos floues.

Quels sont les trois éléments du triangle d’exposition ?

Les trois composants du triangle d’exposition en photographie sont : l'ouverture de diaphragment, mesurée en f/stop (ex: f/2.8, f/5.6, f/11); la vitesse d’obturation mesurée en secondes ou fractions de seconde (ex: 1/1000 s, 1/30 s); et la sensibilité ISO du capteur (ex:ISO100, ISO400, ISO1600). Ces trois éléments travaillent ensemble, ce qui veut dire que la modification de l'un supposera de compenser en ajustant au moins un des deux autres pour maintenir la même exposition.

Qu’est-ce que l’exposition en photographie ?

C’est la quantité de lumière atteignant le capteur, influençant la luminosité et les détails de l’image.

Différence entre High-key et Low-key ?

La notion d’image High-key et low key fait référence à la quantité de zones très claires ou très sombres dans l’image. Une photo High-key disposera de beaucoup de zones très claires et de peu d’ombres. A l’inverse une image Low-key sera majoritaire sombre/ noire, avec une proportion réduite du cadre dédié aux zones claires.

Différence entre mesure spot et mesure évaluative/ matricielle ?

La mesure spot cible une petite zone alors que la mesure évaluative/ matricielle analyse toute la scène.

Quel est le meilleur mode pour une exposition parfaite ?

En règle général le mode manuel peut être considéré comme le meilleur mode puisqu’il vous permet de contrôler parfaitement chaque réglage du triangle de l’exposition.

Différence entre exposition et luminosité ?

Très simplement l’exposition doit être définie durant la prise de vue et est par définition figée une fois la photo prise. Il s’agit de la quantité de zones sombres et claires dans l’image. La luminosité générale de l’image elle peut par contre être modifiée en post production/ retouche avec des logiciels comme Lightroom ou Camera Raw.

Mieux vaut-il sous-exposer ou surexposer ?

A choisir il est préférable d’avoir une photo légèrement sous-exposée qu’une image surexposée. Une légère sous-exposition est plus facile à corriger car il existe quasiment tout le temps de l’information dans les zones sombres, alors que les zones de hautes lumières sont souvent d’un blanc pur irrécupérable en post-production.

Que signifie EV en photo ?

En photo, EV signifie Exposure Value donc la valeur d’exposition produite par l’ouverture de diaphragme, la vitesse d’obturation et la sensibilité ISO. C’est un indice et donc pas une valeur absolue comme les ISO. C’est pour cela que l’on parle également d’IL à savoir Indice de Lumination. Concrètement l’EV est utiliser pour déterminer durant la prise de vue de combien l’exposition doit être augmentée ou baissée afin d’obtenir le résultat souhaité.

Quels réglages privilégier en basse lumière ?

Si vous devez réaliser une prise de vue en situation de basse lumière (de nuit, en intérieur, avec lumière artificielle) il est recommandé d’utiliser la plus grande ouverture de diaphragme disponible pour commencer. Baissez ensuite votre vitesse d’obturation au maximum tout en évitant les flous de bougé. Enfin si cela ne suffit pas augmentez la sensibilité ISO. Si possible utilisez un trépied afin de pouvoir réduire encore davantage la vitesse d’obturation.

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